Grenadines 

Béquia

Départ le mardi 8 janvier à 5 h du matin pour l’île de Béquia où nous voulons arriver avant la nuit.

La navigation a été plus sportive que prévue avec une houle de travers assez rapprochée de 2 à 3 m. Nous envoyons le spi la moitié de la nav avec un vent arrière entre 15 et 20 nœuds. Cette voile me fascine. La voir se gonfler est tellement impressionnant, car c’est selon moi celle où l’on sent le mieux toute la force du vent. Nous sommes si petits face à la nature. 

Gerault est fier de sa moyenne à 9 nœuds (plusieurs pointes à 12), et c’est vrai que le bateau file à toute allure. Les poissons volants continuent de nous escorter, et nous voyons notre première tortue autour du bateau. Côme chante à tue-tête, Maxime et Gerault lancent la traîne. Je suis à la barre. Les filles sont sur le cata de nos amis d’Atlantide. 

Nous arrivons dans la petite baie de Port Elizabeth, petit mouillage paradisiaque au sud de l’île. 

La clearance faite (nouveau pays nouvelle clearance) nous pouvons parcourir l’île. À 6 miles au sud de St Vincent, Béquia est la première des îles grenadines en venant du nord. C’est une toute petite île de 18 km 2, mais cependant la plus grande des îles grenadines qui dépendant de St Vincent (d’autres îles plus au sud dépendent de Grenada). Il y a 6 000 habitants, principalement des pêcheurs aux barques multicolores. Le marché couvert regorge de fruits et légumes, et la négociation est ardue. Depuis notre départ de la Martinique, la monnaie est le dollar Caribéen (1$ Caribéen = 0,34€).

La face atlantique de l’île (côte au vent) est magnifique : palmiers, cocotiers, sable blanc. Une petite chèvre vient saluer Côme. 

Nous restons trois jours à Bequia. École le matin, et l’après-midi plongée, baignade, paddle. La mer est à 28 et les enfants ne se lassent pas de ces temps de baignades. 

Vendredi 11, nous partons direction Mayreau, « porte d’entrée » des Tobago Cays. Nous avons regardé tellement de blogs, vidéos, et lu de récits sur cet endroit que c’est presque irréel d’y aller. 

Mayreau

Après une super navigation de 3 h, nous arrivons sur une petite île de 3 km2. Et nous sentons les prémices des plages paradisiaques des Tobago Cays : mer turquoise, sable blanc et cocotiers nous accueillent. 

L’île compte moins de 200 habitants, et est dominée par une petite église où nous assistons à la messe le dimanche qui suit notre arrivée (troisième jour sur l’île). Et qu’elle ferveur dans cette petite paroisse pauvre et isolée de tout. Les chants sont joyeux, les paroissiens accueillants et si souriants. Après la messe nous mangeons quelques accras délicieux « chez Robert », puis nous préparons notre départ vers les Tobago.

Tobago Cays 

Sur les cartes, les Tobago Cays apparaissent comme cinq petits îlots perdus dans une multitude de coraux, et protégés du large par une barrière de corail appelée « le fer-à-cheval ». Nous mouillons entre l’île de Petit Bateau et l’île de Petit Tabac, derrière la horseshoe reef. Et la vue est époustouflante. Plages splendides, sable blanc, lagons autour des îles. Palmes, masques, tubas pour tout le monde : nous nageons avec des tortues, des raies, une multitude de poissons multicolores. Nous en prenons plein la vue. Nous reprenons notre rythme école le matin, paddle, baignade, plongée l’après-midi. 

Première grosse frayeur pour les enfants : partis en paddle, ils n’arrivent pas à revenir au bateau a cause des courants qui sont importants à certains endroits entre les îles (il n’y a rien entre l’Afrique et nous, et les îles des Tobago sont les premières à faire barrage au courant de l’atlantique.). Heureusement, maman veille et papa monte sur son cheval (en l’occurrence l’annexe) pour aller chercher les enfants qui commençaient à être vraiment très loin, et très inquiets. 

Nous passons une journée sur l’île de Petit tabac, petit îlot isolé de tout. C’est sur cette toute petite île paradisiaque qu’a eut lieu la scène où Jack Sparrow et Elizabeth sont jetés à l’eau par le capitaine du Black Pearl (à 1 h 30 dans le film). Malheureusement, nous n’avons pas trouvé la cachette de Rhum de ce cher Jack, mais la journée a été irréelle. Tout est si beau. Et mes pauvres photos ne rendent pas justice au paysage. 

Voici un petit aperçu vidéo des merveilles des Tobago Cays, prises par Gérault avec le drone et la go pro :

Union 

Après une semaine isolés de tout (pas de wifi, et peu de monde aux tobago), nous avons l’impression d’arriver dans une grande ville en arrivant à Union. Ce n’est pourtant qu’une petite île de 7 km2 et 2 000 habitants. 

Sitôt après avoir jeté l’ancre dans la baie de Clifton nous descendons à terre découvrir cette île. Les habitants sont souriants et gentils. Un petit aérodrome fascine Maxime : nous voyons de très près des petits avions décoller. Nous captons un wifi sur la petite place centrale ce qui nous permets de donner des nouvelles et d’en recevoir. Merci pour vos messages et mails qui nous font toujours chaud au cœur. 

Au programme sur l’île : réapprovisionnement en fruits et légumes, réparation d’un câble du moteur tribord qui a lâché (nous fonctionnons à un moteur depuis Bequia, ce qui est très inconfortable pour les manœuvres entre les cayes, récifs et courants), et mise à jour du blog. 

Premier pépin de santé « sérieux » depuis notre départ. En préparant le repas pendant que je terminais d’aider Maxime pour son travail, Alix s’est renversée de l’eau bouillante sur la cuisse. Grosse brûlure pour notre pauvre princesse qui souffre vraiment beaucoup. Merle, médecin allemand sur le bateau copain Eldire, nous donne de bons conseils. Et malheureusement à part les crèmes de notre trousse à pharmacie (flamazine et compagnie), il n’y a pas grand chose à faire si ce n’est protéger la cuisse du soleil et ne pas se baigner jusqu’à que la plaie devienne une croute et cicatrise. Bref, je vous passe les détails, mais notre Alix est privée de baignade depuis une semaine ce qui est bien difficile dans ce paradis. Nous espérons qu’elle n’aura pas de cicatrice car c’est malgré tout difficile de protéger une cuisse non-stop du soleil dans ce coin du monde. Néanmoins, merci mon Dieu que ce ne soit pas plus grave car je réalise qu’un gros problème de santé serait compliqué à gérer loin de tout. 

Le 16 janvier, nous quittons nos amis d’Atlantide qui repartent vers le nord des Antilles, et avec qui nous naviguions depuis la Martinique. L’ambiance à bord est triste, la séparation est difficile pour les enfants et moi. Loin de nos repères, de nos familles et amis proches, les sentiments sont exacerbés et c’était très agréable de retrouver pour quelques jours des visages familiers. Bon vent Ludo, Delphine, Marilou et Moly, ces 15 jours avec vous ont été merveilleux. 

Canouan 

Nous arrivons samedi 18 janvier sur l’île de Canouan, petit bout de terre de 10 km2 avec un relief très vallonné. Malgré quelques hôtels privés cette île est restée très sauvage. Nous jetons l’ancre dans la baie du village de CharlesTown pour assister à un concert de gospel. Le lendemain messe à l’église du village et avitaillement en fruits et légumes. 

Palm Island 

Petit paradis sur terre cette île minuscule est entourée d’un vaste récif de corail, et bénéficie de la plus longue plage de sable blanc. Elle a été privatisée par un américain qui la loue au gouvernement pour 99 ans, et il a construit un petit complexe hôtelier. Nous ne verrons donc de l’île que la plage de sable blanc.

 

Nous avons passé un mois entre Sainte Lucie et les Grenadines, et j’ai le sentiment que c’est ici et pour la première fois depuis notre départ que je touche du doigt l’objectif de notre année : prendre le temps, vivre le présent, passer du temps avec les enfants sans horaires imposés, et sans stress (Je ne dit pas sans contraintes car elles sont nombreuses sur un bateau : pas de machine ni lave vaisselle, école sur le bateau, réparations diverses…).

De novembre à décembre, nous avions sans nous en rendre compte un seul objectif : rattraper le retard pris en partant en novembre (au lieu de juillet). Il fallait donc descendre vite pour suivre l’itinéraire que nous avions prévu, faire des nav souvent longues et fatigantes, avec une météo marine pas toujours idéale (houle haute et rapprochée etc), penser à la prochaine étape, et cela m’a personnellement éloignée de mon objectif premier : prendre le temps.

J’ai aujourd’hui un sentiment de gratitude pour ce mois écoulé. Certes, la vie est agréable : soleil, mer à 28 degrés, cocotiers et sable blanc. Mais cela est temporaire, et je crois que le véritable trésor de mon mois de janvier est d’avoir pu vivre en famille le temps présent.

Nous partons la semaine prochaine pour un mois dans les Îles Roques et Aves au Venezuela. Nous avons hésité à maintenir notre parcours, au vu de la conjoncture Vénézuélienne, mais aussi à cause de ce qu’on appelle la « radio ponton » qui diffuse à tout-va des histoires souvent fausses et déformées sur des agressions, des vols, de la piraterie. Après nous être à nouveau renseignés après des services de douanes des Antilles, du quai d’Orsay, et après avoir discuté avec des équipages qui en revenaient, nous avons prit la décision de maintenir cette étape de notre parcours qui nous éloigne du circuit classique des Antilles, et nous rapproche de lieux et populations plus isolés. Nous partons accompagnés de l’équipage de Sea You, Olivia, Vincent, et leurs sept enfants, que nous avons rencontrés « grâce » à leur annexe qui était dégonflée au ponton du Marin en Martinique, et que nous avons retrouvés aux grenadines. Pour une fois, nous sommes les moins nombreux ce qui n’était pas arrivés depuis notre départ. Notre parcours est similaire et cela est plus rassurant pour eux comme pour nous de faire cette partie du périple à deux bateaux.

Avant notre départ, nous faisons un gros avitaillement digne de notre plein de transat (Camille si tu me lis ;)). Nous savons que l’approvisionnement en nourriture de ces îles et souvent aléatoire, et cela fait deux vendredis que le seul bateau qui livre l’île ne passe pas. Nous partons donc les cales pleines en nourriture et eau potable. 

Par prudence, nous effectuerons notre navigation sans AIS pour ne pas être visibles de bateaux mal intentionnés durant nos deux jours et deux nuits de mer. Seul le radar et l’iridium seront allumés. Pour la première fois, Victoire va faire des quarts seule. Depuis notre départ, elle fait d’énormes progrès et souhaite participer de plus en plus dans les manœuvres du bateau. 

Nous prévoyons d’arriver le 1er février aux Roques. Nous souhaitons arriver de jour, car les cartes marines ne sont pas précises et nous allons devoir naviguer à vue entre les récifs et cayes. 

Sans internet, nous sommes toujours joignables par mail sur l’iridium. 

Beau mois de février à chacun de la part de l’équipage de Comalvi.

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10 Commentaires

  1. Morati angelisue
    31 janvier 2019 / 22 h 31 min

    Coucou Comalvi
    Quel bonheur de partager vos aventures!
    La vidéo m’a beaucoup plu, bravo!
    Les photos sont splendides et vos yeux reflètent le bonheur!
    Comment vas tu Jeanne? Es tu complètement remise de ton accident?
    Des bisous à tous et surtout à Alix pour l’aider à guérir !
    Nous parlons souvent de vous à Pagina!
    Alex est partie aussi faire son tour d’Asie : aux dernières nouvelles elle était au Laos, trop contente…
    A plus
    Que Dieu vous bénisse!
    Amitiés
    Richard et Angélique 😘😘😘

    • Jeanne
      Auteur/autrice
      3 février 2019 / 17 h 16 min

      Merci Angélique 😀 Mon pied va bien. Je ne fais pas de grosses rando mais pr le quotidien ça va. Et Alix pourra se baigner semaine prochaine je pense. Grosses bises à toute la merveilleuse team Pagina, nous sommes arrivés aux Roques au Venezuela et c’est magnifique 😍

  2. Claire de La Bastille
    5 février 2019 / 19 h 36 min

    Coucpu Comalvi!!
    Très heureux d’avoir enfin pris le temps de lire toutes vos aventures !!! Vos articles sont super et vos photos en disent long ! Vous nous manquez bien ici… Plongez bien pour nous! Ici le soleil est revenu pour quelques jours et m’a même un peu réchauffée cette après midi ;0)
    Bises à vous tous de la part de nous 6! Bon courage Alix pour ta brûlure, on espère que tu vas mieux…
    Claire, Régis and co

    • Jeanne
      Auteur/autrice
      3 mars 2019 / 2 h 01 min

      Merci Claire 🙂 Bises a tous les 6

  3. Thibaud et Bénédicte V.
    1 mars 2019 / 20 h 47 min

    Merci de nous faire profiter de votre épopée avec vos si belles photos et vidéo ! Cela nous fait voyager (et rêver !) à distance, c’est chouette !
    Jeanne et Alix, j’espère que vous allez toutes les deux mieux et que tout le monde se porte bien… Continuez de passer de beaux moments ensemble : vous êtes une jolie famille. On pense fort à vous ! Bisous 😘

    • Jeanne
      Auteur/autrice
      3 mars 2019 / 2 h 00 min

      Merci ma béné <3

  4. Yulia
    14 mars 2019 / 4 h 21 min

    Qu’est ce que tu es belle et rayonnante entourée de tes petits (et moyens😁) trésors !
    J’adore le blog, je ne lis rien d’autre depuis deux jours !
    Gros bisous

    • Jeanne
      Auteur/autrice
      14 mars 2019 / 12 h 29 min

      Merciiii ❤️! Je mets l’article sur la Jamaïque avant de partir dimanche 😘😘😘😘

  5. de Fougeroux
    2 avril 2019 / 4 h 37 min

    Salut los amigos! nous pensons bien à vous depuis……….LA MARTINIQUE! Nous profitons de cette île magnifique en amoureux et suivons les petits chanteurs à La Croix de Bois en tournée en ce moment ici. 😀
    Nous ne sommes pas si loin de vous mais nous repartons déjà demain😢
    Profitez un maximum de ces coins de paradis! Vos photos sont magnifiques! Belle avancée vers Pâques.
    Amitié à tout l’équipage.
    Blandine et Benoît

    • Jeanne
      Auteur/autrice
      7 avril 2019 / 17 h 48 min

      Merci les amis. Nous espérons que votre voyage s’est bien passé. UDP, et Bises a toute la famille 🙂

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