Jamaïque

Nous partons le mardi 5 mars de Curaçao, direction la Jamaïque. 550 nm de mer agitée nous attendent. 

Le vent nous surprend dès la sortie du mouillage avec de belles rafales à plus de 30 nœuds. Belle mise en jambe  A peine nous sommes nous éloignés des côtes que la houle 3/4 arrière avec des creux de plus de 2 m se faire rapidement sentir. 

Étrangement, personne n’a le mal de mer pour le moment. Victoire nous préparera même de délicieux sushis fait avec le thon pêché dans la journée pour le dîner du soir. Qui a dit que nous mangions mal en nav ? 

Le bateau file à vive allure, 210 miles sur les 24 premières heures. Nous en devenons dépités quand le loch donne une vitesse en dessous des 8 nœuds. Nous aurons une pointe à plus de 14 nœuds pendant le quart des filles (20h-23h) sans même qu’elles ne s’en émeuvent. 

Bref après 2 jours et 20 heures de mer, terre en vue. Nous aurons mis un jour de moins que ce que nous prédisions. Et nous sommes rincés, car quand il y a beaucoup de vent nous faisons des réglages de voiles en permanence (réduire la voilure quand le vent forci, passer du genek au génois, régler le chariot de GV…), et les quarts sont fatigants, car ils nécessitent une veille très active.

La côte de la Jamaïque que nous longeons est luxuriante. Les paysages sont tellement différents de nos trois dernières escales : lagons aux Roques et Aves, climat plutôt aride à Bonaire Curaçao, et ici nous retrouvons l’humidité et la chaleur tropicale du nord de la Martinique et de Sainte-Lucie

La clearance se déroule en trois étapes. Nous devons nous amarrer au ponton d’accueil du port, et les costs guards, les customs, l’inspection sanitaire et le service immigration montent à bord. Nous devons remplir une paperasse folle, ils nous demandent même quel type de viande nous avons à bord ! Mais toutes ces paperasses sont faites dans une ambiance détendue et agréable. Avec un fort accent local ils nous parlent de leur pays, ce qu’il faut faire et ne pas faire etc. Et c’est avec un grand plaisir que nous débarquons à terre après nos trois jours de mer, et nos 4 heures bloqués au ponton. 

La Jamaïque fait partie de ces pays avec une identité forte. Reggae, dreads, herbe. Nos premiers pas à terre confirment en quelques minutes cette réputation. Les personnes que nous croisons on un join à la bouche comme chez nous une cigarette. La musique est partout très forte dans la rue. Les dreads et bonnets en crochet sont partout. Pas de sentiment d’insécurité pourtant. Les gens nous accostent sans agressivité pour nous proposer divers produits locaux. Nous sommes les seuls blancs et c’est un sentiment assez étrange. Il y a peu de touristes pour ne pas dire pas de touristes à Port Antonio où nous sommes. Cela ne dérange en tout cas absolument pas les enfants qui semblent habitués aux nombreux changements depuis notre départ. Je suis souvent admirative de leur confiance, ils nous suivent partout sans jamais s’inquiéter.

Dimanche nous allons à la messe à la catholic Church de St Antonio. Et nous faisons la connaissance du père Palud et du père Samuel de la congrégation de l’oratoire. Nous déjeunons avec eux et découvrons le Jerk, plat typique jamaïcain. Le poulet et le porc sont cuits de façon traditionnelle sur des grills en plein air, en utilisant des assaisonnements à base d’épices et de poivre.

Le lundi nous louons une voiture pour visiter l’intérieur des terres.

Blue Montains

Grâce à son relief montagneux, la Jamaïque abrite de très nombreuses et magnifiques cascades. Impossible de visiter la Jamaïque sans découvrir les plus belles. Nous partons donc lundi matin direction les Blue Mountains accompagnés du Père Samuel qui habite la Jamaïque depuis plus de 20 ans. Il nous fait découvrir l’école dont il a la gestion. Les sourires et l’accueil des enfants sont extraordinaires. Je n’oublierai jamais leur joie de vivre alors qu’ils sont pour la plupart de familles très pauvres, et certains font plus d’une heure de marche chaque matin pour aller à l’école.

Nous déjeunons des Pitties (plat local qui ressemble à des feuilletés) au pied d’une jolie cascade. Les enfants se baignent, les plus grands sautent de la cascade. La nature est si luxuriante!

Kingston

Nous partons ensuite direction Kingston. 2 h de route dans la montagne. Il faut imaginer une route assez sinueuse, bordée de bambous, lianes et arbres d’un vert éclatant. À certains endroit c’est plus de la piste qu’une route d’ailleurs et deux voitures ne se croisent pas. Vitesse maximale de notre parcours 30 ou 40 km/h (ceux qui connaissent Gerault en déduisent facilement l’état chaotique de la route).

Nous dînons le soir chez Laurent et Yulia que nous avons rencontré à la messe également. Laurent travaille à l’ambassade de France à Kingston. Ils nous reçoivent comme des rois et nous font découvrir de nombreuses spécialités locales en nous donnant de bons conseils pour la suite de notre périple. Nous les remercions infiniment pour leur accueil si chaleureux ! Nous espérons vous revoir vite !

Le soir nous dormons à l’hôtel. Premier vrai lit depuis le 23/12. Premier bain également (il n y a évidement que des douches sur Comalvi).

Grâce à Laurent, nous aurons la chance de visiter l’ambassade de France à Kingston le lendemain. C’est un magnifique bâtiment blanc de style colonial entouré d’un parc verdoyant. Émotion en voyant le drapeau bleu blanc rouge flotter au vent : nous sommes ici en France.

Kingston, l’actuelle capitale, fut fondée en juillet 1692, pour accueillir les réfugiés et les survivants du tremblement de terre qui venait de détruire Port Royal, la capitale de l’époque. C’est le centre économique de la Jamaïque.

Et nous ne pouvons pas traverser la ville sans visiter le musée musée Bob Marley. Yeah man ! C’est une vraie découverte pour nous qui connaissions finalement assez peu sa vie, et ne sommes pas particulièrement fan de reggae. C’est fou l’influence qu’un homme peut avoir sur son pays, la culture.

Nous apprenons que la première occupation d’un rastafarien au lever doit être la lecture d’un chapitre de la Bible, selon l’adage : « A chapter a day keeps the devil away » (un chapitre par jour tient le diable éloigné). Bel adage !

La visite est un peu longue pour les enfants qui ne comprennent pas assez bien l’anglais, et nous partons en début d’après midi visiter Port-Royal (l’ancienne capitale).

Port Royal

Port Royal était le siège du gouvernement britannique en Jamaïque, tout en étant le principal port de pêche et de commerce de l’île au cours du XVIIe siècle. À cette époque, le port abritait un grand nombre de pirates et de corsaires sous pavillon britannique, et qui attaquaient les navires français et espagnols.

Attirés par la relative tolérance des gouverneurs anglais, pirates, flibustiers et autres « frères de la côte » font de Port Royal leur base. Les Anglais laissent faire car cela contribue à affaiblir leurs ennemis français et espagnols. De plus, grâce aux prises rapportées et échangées sur place, Port-Royal devient alors le « receleur » de tous les pirates des Caraïbes, et une des villes les plus riches du Nouveau Monde. L’or et le rhum coulent à flots dans les dizaines de tavernes et salles de jeux. Le célèbre pirate Henry Morgan y règne et instaure un code de la piraterie. Pour finir, il est officiellement nommé gouverneur de l’île par les Anglais.

Le tremblement de terre du 7 juin 1962 et l’éboulement sous marin qui entraîne la ville sous les flots entraînent la fin de la piraterie à Port-Royal (source wikipedia).

Pour nous cela est assez mythique de venir à cet endroit. Étant en voilier toutes les histoires de marins et pirates nous fascinent.

Fort-Charles est un bâtiment de brique rouge qui se situe au centre du petit village. Il disposait de plus d’une centaine de canons pour protéger la baie des attaques. Certains canons pèsent 22 tonnes, et tiraient des boulets de plus de 100 kg à 12 km des côtes.

Le soir nous retournons à Port Antonio par une route plus au nord, bien plus praticable que celle prise à l’aller.

Jeudi 14 mars, nous partons à nouveau en direction des Blue Mountains pour une randonnée dans la montagne avec les Sea You. Première grande ballade depuis notre départ de France ! Cela nous avait manqué!

Sur la route retour, nous achetons du café. En effet, le café des Blue Montains est un des cafés les plus réputé au monde. Le vendeur nous fait gentiment visiter la plantation.

Vendredi 16 c’est vers l’est que nous partons, pour découvrir Blue lagoon et les cascades de Reach falls.

Blue Lagoon

Blue Lagoon est un magnifique lagon aux eaux bleues dans un environnement tropical trés dense. Il fait environ 55 mètres de profondeur et sa couleur bleu vif est créée par un mélange constant entre de l’eau de mer salée chaude, et l’eau froide apportée par des rivières souterraines.

Reach Falls

Ces cascades ont été découvertes par des esclaves fugitifs venus de plantations de la paroisse voisine de Saint Thomas, et qui se sont réfugiés dans les collines des monts John Crow.

Elles offrent un mélange unique de beauté, de détente et d’aventure, car elles situées sur une paroi rocheuse dans une piscine de rivière émeraude. La végétation luxuriante de la forêt de Montane et la piscine rafraîchissante sous la chute d’eau en cascade sont pour nous une expérience mémorable. Reach Falls a egalement plus de 23 espèces de fougères et la forêt de Montagnes de John Crow abrite une variété d’oiseaux rares, y compris des perroquets noirs et à bec jaune.

Navy Island

Le lendemain, nous partons avec les Sea You à la découverte de Navy Island, une ile abandonnée au large de Port Antonio, et nous passons la soirée tous ensemble. Nos routes se séparent lundi aprés deux mois de navigation ensemble, il vont en effet à l’ouest de Cuba, et nous allons à l’est. Je pense que nous nous souviendrons toute notre vie de cette soirée, n’est ce pas Sea You ? Merci pour tous ces merveilleux moments partagés avec vous…

Après 10 jours en Jamaïque je crois que nous pouvons dire que c’est le plus bel endroit que nous ayons découvert depuis le début de notre périple. Cette île associe tout ce que nous avons vu de plus beau : belles plages, eau turquoise, des montagnes et terres intérieures d’une luxuriance rare. Que nous réserve Cuba ?

 

 

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6 Commentaires

  1. 18 mars 2019 / 20 h 23 min

    Soirée mémorable effectivement!! Merci beaucoup pour ces excellents moments passés avec vous!!! Vivement Nassau, les Acores ou la France pour vous retrouver!

    • Jeanne
      Auteur
      18 mars 2019 / 20 h 38 min

      We ❤️ Sea you!

  2. Yulia
    19 mars 2019 / 5 h 41 min

    Quel plaisir de lire que vous avez aimé la Jamaïque !
    Je crois que le destin nous a amenés ce week-end là à Port Antonio pour vous rencontrer💙 Après quelques heures passées ensemble j’ai le sentiment étrange de vous connaître depuis toujours. On va absolument se revoir en France et en Jamaïque aussi peut-être ?
    J’adore ta capacité de voir et de décrire le fond des choses. Vous aviez si peu du temps mais vous avez vraiment saisi la Jamaïque ☺️
    Seulement, une petite faute d’orthographe : ce sont des patties et non pitties.
    Gros bisous à toute la magnifique famille

    • Jeanne
      Auteur
      22 mars 2019 / 17 h 21 min

      Ah ah merci pr la correction 🤪💋💋💋💋💋💋 gros bisous à tous ❤️

  3. Marine R
    21 mars 2019 / 11 h 19 min

    Hello to all of you
    Pensées de la métropole où le printemps déploie tous ses charmes (mais pas d’inquiétude, aucun de comparable aux derniers territoires explorés par les Comalvi 🙂
    Une petite Annonciade est venue agrandir la famille Berger cette semaine.
    Merci de nous faire ainsi voyager avec vous, merci pour les photos et l’énorme travail de retranscription de votre aventure!
    On vous embrasse tous bien fort, à bientôt,
    Marine

  4. Pap. Hee. Lee
    2 avril 2019 / 21 h 07 min

    On voit une photo du Bounty. S’agit il du bateau du film éponyme ?

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